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Petite fille, j'aimais déjà mes cheveux. C'était ma mère qui me coiffait avec du « dax », du « pink » et de la « vaseline ». Je me souviens encore des odeurs des élastiques avec les boules… Des séances longues, parfois douloureuses, que je détestais presque autant que j'aimais le résultat. Une fois coiffée, je me trouvais jolie.
J'ai grandi dans un univers afro-caribéen, (entre la Guadeloupe, la Martinique et Haïti), avec un amour très fort pour la culture afro-américaine, le disco, les années 70, et ces femmes qui portaient leur afro comme une évidence dans mon regard d'enfant.
Je n'avais pas encore appris qu'il pouvait y avoir quelque chose à « corriger » dans mes cheveux.
📷 Célia enfant avec sa maman — coiffure d'enfance / photo de famille.
📷 Célia petite fille (une photo de l'époque suffit — pas d'image du film).
Un soir, ma mère m'emmène voir Dreamgirls. Et là, je vois Beyoncé avec un afro. Pour la petite fille que j'étais, c'est une révélation : une femme que j'admirais, comme beaucoup de petites filles à l'époque. Elle était belle, glamour, puissante et j'avais un sentiment de représentation avec des cheveux comme les miens.
Le lendemain matin, je déploie mon afro avec soin. Je pars à l'école convaincue d'être magnifique.
Dès mon arrivée, les remarques arrivent. Les moqueries. Les insultes des élèves et cette sensation terrible de ne pas être protégée par les adultes, bien au contraire.
Je suis partie de chez moi fière. Je suis rentrée en comprenant qu'aux yeux des autres, cette coiffure pouvait faire de moi une cible.
Alors je n'ai plus porté d'afro. Pendant des années.
Comme beaucoup de petites filles, j'ai voulu ressembler à ma grande sœur. Elle se défrisait les cheveux, alors, j'ai commencé les défrisages. Puis les braids, les nattes, les « piqués-lâchés ». Pendant des années, mes cheveux naturels étaient rarement complètement visibles.
Et pourtant, au fond, je ne les avais jamais détestés. Ils étaient simplement devenus fragiles : défrisages, colorations, manipulations… à force, je ne savais plus comment en prendre soin.
Vers 16-18 ans, avec les tissages, j'ai commencé à retrouver ma texture. J'aimais revoir mon cheveu afro apparaître, mais en prendre soin me semblait encore terriblement compliqué sachant que je n'avais plus de cheveux sur tout le tour de ma tête.
📷 Un montage chronologique de tes coiffures d'époque rendra cette partie très forte.
Un soir, je tombe sur une vidéo tournée au Tchad. J'y découvre les femmes Basara, et surtout la longueur spectaculaire de leur chevelure. Je suis fascinée ! Par l'ingrédient, mais aussi par le résultat. Le rituel. La transmission. Cette connaissance venue du Tchad dont je n'avais presque jamais entendu parler.
Cet ingrédient, c'était le Chébé.
Je montre la vidéo à ma mère. Elle ne me pose pas mille questions. Elle me suit.
À 21 ans, encore étudiante, je me lance. J'avais de grandes difficultés dans ma vie et j'étais déjà très bas ; quand on pense ne plus avoir grand-chose à perdre, on devient parfois capable d'aller bien plus loin qu'on ne l'imaginait.
Le premier logo. Les premières commandes. Les premiers colis. Les premières clientes.
ChebHair est née.
📷 La vidéo qui a tout déclenché — ou une recréation / un extrait de ton choix.
📷 LE portrait de la page. Grand, plein cadre, lumineux — c'est le sommet de l'histoire.
Ce que je n'avais pas compris au départ : ChebHair allait autant me transformer que je voulais transformer la vie de mes clientes.
À mesure que j'apprenais à formuler, tester, comprendre et prendre soin des cheveux, les miens changeaient aussi. Ils redevenaient forts. Ils retrouvaient leur longueur. Je retrouvais ma couronne.
À 23 ans, pour la première fois depuis cette journée d'école, j'ai recommencé à porter mon afro. Cette fois, en affrontant les critiques tête haute.
Et, finalement, la chose pour laquelle on m'avait le plus humiliée enfant était devenue l'une de celles pour lesquelles on me complimentait le plus. Ce que le monde avait essayé de me faire voir comme une faiblesse était devenu une force.
Et je crois que la petite fille que j'étais serait incroyablement fière de la femme que je suis devenue.
📷 Célia en formation, en diagnostic, ou avec une coiffeuse Crown Academy.
Au début, ChebHair était une marque de produits. Mais une question revenait : comment aider vraiment quelqu'un si l'on ne comprend pas ce qui se passe sur sa tête ?
Alors je me suis formée. J'ai approfondi ma connaissance du cheveu, du cuir chevelu, du diagnostic capillaire, de la trichologie et de plusieurs techniques professionnelles.
De cette évolution est née une nouvelle mission : transmettre. Former les professionnelles de la coiffure pour qu'elles puissent accueillir une femme complexée, l'écouter, mieux comprendre sa couronne et savoir aussi reconnaître quand leur rôle s'arrête. Donner de véritables conseils basés sur une expertise, plutôt que sur une expérience personnelle qui reste subjective.
Parce qu'une coiffeuse peut faire bien plus qu'une coiffure. Elle peut redonner de la confiance, de la compréhension. Parfois même participer à une réconciliation.
Mes formations & certifications
niveau 3
technique professionnelle
protocole cuir chevelu
📷 Intitulés exacts à confirmer avant publication (organismes, niveaux, dates).