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En 2017, ChebHair n'est pas née d'un business plan de cinquante pages. Elle est née d'une découverte. À cette époque, mes cheveux étaient dans un état que je jugeais catastrophique — défrisages, colorations, mauvaises habitudes. J'avais surtout besoin de retrouver confiance dans le potentiel de ma propre couronne.
Un soir, je tombe sur une vidéo tournée au Tchad. J'y vois les femmes Basara et leurs longueurs extraordinaires, entretenues grâce à un rituel autour d'un ingrédient dont je n'avais jamais entendu parler : le Chébé.
Deux idées me sont venues en même temps. La première : je veux essayer ça sur mes cheveux. La seconde, plus forte encore : je veux que d'autres puissent y avoir accès, elles aussi.
Je ne pensais pas construire une grande marque. Je voulais partager une découverte qui venait de me redonner de l'espoir.
Pour lancer ChebHair, ma mère m'a confié toutes ses économies de l'époque : 1 000 €. Elle avait vu la même vidéo que moi ; je lui ai expliqué mon idée, et elle m'a suivie.
Pas de laboratoire, pas d'entrepôt, pas d'équipe. Le premier produit ChebHair, c'était simplement du Chébé traditionnel en poudre, conditionné à la maison. Le packaging était loin d'être parfait : j'avais acheté des pots trop petits, alors pour livrer la quantité promise, j'envoyais parfois deux petits pots au lieu d'un.
Je remplissais les pots moi-même. Je préparais les commandes dans ma chambre. J'imprimais les étiquettes avec ma propre imprimante, puis je portais tous les colis jusqu'à La Poste. C'était artisanal, c'était fatigant — mais c'était réel.
En quelques mois, plus de 500 pots ont trouvé leur chemin bien au-delà de ma chambre : France, Belgique, Suisse, États-Unis, Australie… ChebHair faisait alors partie des premières marques à rendre le Chébé accessible à cette clientèle internationale.
Le premier logo ChebHair, je peux le dire aujourd'hui : je le trouvais très moche. Je voulais du noir et du doré, mais je n'avais pas les moyens techniques d'obtenir le rendu que j'imaginais — le « doré » ressemblait plus à un kaki-jaune qu'à l'identité premium dont je rêvais.
Pour quelqu'un d'aussi perfectionniste que moi, lancer quelque chose d'imparfait était difficile. Mais c'est l'une des premières leçons que ChebHair m'a apprises : parfois, il faut commencer avant que tout soit parfait.
Ce logo imparfait m'a permis de créer quelque chose de tangible. Aujourd'hui, les packagings ont évolué, le doré que j'imaginais existe vraiment, la marque a grandi. Rien de tout ça n'aurait existé si j'avais attendu la version parfaite.
Deuxième logo ChebHair
Logo actuel
Au début, je vendais un produit. Puis les messages ont commencé à arriver. Des photos. Des avant-après. Des clientes qui m'écrivaient que leurs cheveux étaient plus beaux, qu'elles recommençaient à en prendre soin, et surtout qu'elles en étaient de nouveau fières.
Moi, je préparais encore « mon petit truc » depuis ma chambre. Mais ce petit truc était entré dans la vie de personnes que je ne connaissais même pas.
J'ai compris que c'était devenu sérieux le jour où les ruptures de stock ont provoqué de vraies frustrations. « Quand est-ce que ça revient ? » Certaines étaient même énervées — et c'était l'un des plus beaux signaux possibles : nos produits ne se contentaient plus d'être essayés une fois, ils faisaient partie de leur routine.
À la fin de mes études, l'évidence s'est imposée : je ne pouvais pas fermer ChebHair pour aller chercher un emploi. Des personnes comptaient désormais sur cette marque.
📷 Première production en laboratoire
Très vite, produire seule depuis ma chambre n'était plus tenable. Et transformer un ingrédient encore méconnu comme le Chébé en produits parfaitement encadrés demandait un travail énorme.
Il fallait trouver des partenaires, des laboratoires capables de comprendre la vision, structurer la production, gérer les stocks, financer la croissance. Et surtout, faire les choses correctement — parce que respecter sa communauté, ce n'est pas seulement lui dire qu'on l'aime : c'est lui proposer des produits fabriqués dans un cadre sérieux, avec les contrôles et la réglementation qu'elle mérite.
Trouver des laboratoires capables de suivre ChebHair a été l'un des parcours les plus difficiles de l'aventure. Mais arrêter ? Jamais de la vie. ChebHair a toujours été destinée à grandir.
Certains produits marquent un tournant dans l'histoire d'une marque. Pour ChebHair, ChebElixir en fait partie.
Je voulais une huile qui permette un vrai rituel : nourrir, protéger, prendre soin de ses longueurs, et retrouver immédiatement cette sensation de cheveu sublimé après un bon bain d'huile. Je voulais aussi réunir deux choses qu'on opposait encore trop souvent : une formulation inspirée du naturel, et un produit qu'on est fière d'exposer dans sa salle de bain.
Parce que les cheveux texturés méritent eux aussi de belles formules, de beaux packagings, de belles expériences. ChebElixir a vite trouvé sa place, portée par cette expérience sensorielle immédiate et par les retours des clientes. C'est aujourd'hui le best-seller de la gamme.
ChebElixir
📷 France-Antilles
Voir ChebHair arriver en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane a eu pour moi une dimension particulière. Je suis afro-caribéenne. Enfant, je lisais France-Antilles avec ma mère — alors découvrir des années plus tard ChebHair dans ses pages, dans une rubrique sur la jeunesse du territoire, a créé un sentiment difficile à décrire.
Ce n'était plus seulement « mes produits sont distribués quelque part ». C'était « une partie de mon histoire revient vers une partie de mes racines ». À mesure que la marque arrivait dans de nouvelles boutiques et de nouveaux territoires, la petite idée née dans ma chambre devenait de moins en moins petite.
Pendant notre levée de fonds, quelque chose que je n'avais pas vraiment planifié est né : le ChebGang. Un nom presque évident pour désigner toutes les personnes qui avaient choisi de croire au projet, de le soutenir et de grandir avec nous.
La levée de fonds a été un tournant : de la crédibilité, des moyens, énormément d'apprentissage. Mais aussi des moments bien plus durs. L'histoire de ChebHair n'a jamais été une suite parfaite de victoires — il y a eu des hauts, des bas, des erreurs, des doutes, des obstacles. Et pourtant, nous sommes toujours là.
Parce que le ChebGang, c'est quelque chose qui dépasse les cheveux. Je veux que les personnes qui entrent dans notre univers apprennent aussi à se donner le droit : de s'aimer, d'oser, de persévérer, d'échouer, de recommencer — et de réussir.
Avec les années, ma vision de ChebHair a changé. Il existe aujourd'hui beaucoup de produits « pour cheveux afro ». Mais un cheveu n'est pas seulement une texture.
Une femme peut avoir les cheveux crépus et souffrir de sécheresse. Une autre, les cheveux bouclés et une chute. Une autre encore, les cheveux frisés et un cuir chevelu totalement différent. Deux personnes à la texture semblable peuvent avoir des besoins opposés.
C'est là que ChebHair a commencé à passer d'une marque centrée sur des ingrédients naturels à une marque qui cherche à comprendre les problématiques capillaires pour proposer des réponses plus précises. Le naturel fait partie de notre héritage ; la science et l'expertise font partie de notre évolution. Pour moi, les deux ne s'opposent pas : ils se complètent.
C'est aussi cette évolution qui m'a poussée à approfondir mon expertise du cheveu et du cuir chevelu, puis à la transmettre aux professionnelles.
Célia au laboratoire
📷 Assemblée nationale
Il y a des victoires commerciales dont je suis fière : les premières commandes, les premières boutiques, la levée de fonds, les clientes à l'étranger.
Mais certaines victoires ont un autre goût. Porter la question de la discrimination capillaire jusqu'à l'Assemblée nationale, aux côtés notamment d'Olivier Serva, député de Guadeloupe, et des personnes mobilisées autour de cette loi, en fait partie.
Parce qu'à l'origine de ChebHair, il y avait déjà une petite fille qui avait compris très tôt qu'une coiffure pouvait changer le regard des autres. Des années plus tard, participer à cette conversation au niveau institutionnel donne une dimension particulière au chemin parcouru.
ChebHair n'a plus vocation à être seulement une marque qui vend des produits. Nous voulons construire un mouvement international autour des couronnes : un univers où coexistent le soin, l'expertise, la formation, la transmission, la communauté et les événements.
Avec une ambition : faire de ChebHair une référence mondiale pour les cheveux bouclés, frisés et crépus. Mais le vrai objectif dépasse la beauté capillaire. Je veux que dans vingt ans, ChebHair continue d'apporter ce qu'elle essaie d'apporter depuis le début : de l'amour, du respect, de la connaissance, de la confiance, et de la fierté.
Parce que nos cheveux sont plus qu'une texture. Ils portent une histoire, un héritage, une identité. Notre couronne.
Prenons-en soin. Soyons-en fiers.
#BeProud
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